Lors d’un cours de préparation à la naissance, une sage-femme nous a dit une très jolie phrase, que je serais bien incapable de retranscrire de mémoire, mais qui disait en substance que peu importe le déroulement de l’accouchement, le souvenir qui en resterait dépendrait de la façon dont nous allions le raconter. Quand le médecin nous a annoncé qu’il fallait me déclencher, il nous a aussi dit qu’il fallait parfois faire le deuil de son accouchement idéalisé.
Je ne veux pas faire de récit minute par minute de ce moment, tout d’abord parce que c’est l’histoire de notre fille, de ses premiers instants, que nous partagerons avec elle plus tard, et aussi parce qu’effectivement, ce fut assez éloigné de notre accouchement physiologique fantasmé. Mais en vrac, notre accouchement, ce fut…
- Une traversée complète de Paris (d’un bout à l’autre) la veille, dans l’espoir de déclencher des contractions, de perdre les eaux, de décider notre fille à sortir, bref, d’éviter au maximum le déclenchement.
- Des heures d’attente à la maternité, parce qu’étrangement, les femmes qui arrivent pliées en deux par les contractions ou qui expliquent qu’elles ne sont plus étanches passent devant les déclenchements qui attendent là depuis le matin. Une pensée pour Lui qui a du entendre une bonne dizaine de fois « j’en ai marre, viens on se casse et on rentre à la maison. »
- Une tentative d’overdose homéopathique, avec triplement des doses censées aider mon col à s’ouvrir (sans aucun succès)
- Une salle de travail avec une baignoire dans laquelle je n’ai jamais pu aller, car j’étais déclenchée et branchée à un monitoring, donc privée de piscine.
- Des contractions difficiles à gérer car arrivées d’un coup, et plutôt fortes. Mais un Lui à mes côtés, qui a repris les techniques du chant baleine quand il a senti que je perdais pied, qui m’a rappelé qu’il fallait respirer, qui m’a soutenu sans faillir.
- Un moment de solitude lors d’une vérification du col, quand je me suis excusée auprès de la sage-femme d’avoir fait pipi, alors que je venais de perdre les eaux.
- Une péridurale quand nous n’avions plus le choix.
- Un strip-tease d’anthologie de Lui quand on lui a donné ses vêtements de bloc (la sage-femme et l’infirmière ont ensuite regretté d’avoir été trop occupées pour en profiter)
- Un cri dans la nuit, nous, incrédules: « C’est elle? »
- Le plus bel instant de ma vie, celui où la sage-femme a posé notre fille sur ma poitrine, où j’étais enfin avec mes deux amours.
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Je ne lirais (que) le dimanche #2 : Hygiène Naturelle Infantile »
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