Il n’existe aucune obligation nationale de diplôme pour devenir économiste de la construction. Pourtant, naviguer sans certification ferme bien des portes : marchés publics, grands groupes privés, opportunités d’envergure. Les formations qui comptent restent parfois confidentielles, alors même que leur reconnaissance façonne le recrutement. Le labyrinthe des parcours, entre expériences, niveaux d’études et spécialités, déroute plus d’un candidat. À cela s’ajoute la mue rapide du secteur, qui rebat les cartes des compétences attendues et force les organismes à revoir leurs cursus.
Le métier d’économiste de la construction : missions, enjeux et place dans le secteur
L’économiste de la construction intervient aux premières heures d’un projet de bâtiment ou de génie civil. Il décortique, chiffre, compare. Entre le maître d’ouvrage, l’architecte et les entreprises du BTP, il endosse la casquette du médiateur financier. Sa mission : traduire les besoins du client, anticiper les imprévus, garantir la cohérence des coûts à chaque étape d’une opération de construction. Il rédige des études de faisabilité, bâtit les estimations de coûts, prépare minutieusement les dossiers pour les appels d’offres. Son savoir-faire influence chaque décision, du choix d’un matériau à la négociation des tarifs fournisseurs.
En 2025, le secteur du BTP pâtit d’une carence sévère : 3 000 postes d’économistes restent vacants, freinant la dynamique des entreprises, pile au moment où la transition écologique et la montée de la technologie imposent de nouvelles exigences. Cette tension se lit aussi dans les débouchés : 40 % des professionnels travaillent en bureaux d’études techniques, 35 % dans de grandes entreprises du BTP, 15 % en cabinets d’expertise. Une minorité choisit l’indépendance, en cabinet ou à leur compte.
Le métier se distingue par la variété de ses contacts : architectes, ingénieurs études, conducteurs de travaux, chargés d’études de prix… L’économiste est partout où l’on parle chiffres et arbitrages. Les évolutions de carrière mènent vers le pilotage de chantier ou la conduite de travaux. Nombre de professionnels arrivent aussi d’autres horizons : demande d’emploi, industrie, développement durable. Pour tous, la double maîtrise budgétaire et environnementale devient un atout majeur.
Quels parcours de formation pour accéder à cette profession ?
La formation professionnelle trace aujourd’hui le chemin le plus sûr vers ce métier. Le BTS Économie de la construction reste la voie royale : 85 % des économistes du secteur en sortent. Deux années concentrées sur la technique, le terrain, la gestion de projet, le chiffrage, la réglementation du bâtiment et des travaux publics. Les stages rythment la formation, ancrant la théorie dans la réalité des chantiers.
D’autres solutions existent pour ceux qui souhaitent se reconvertir ou poursuivre leurs études. Plusieurs organismes ont développé des cursus adaptés : le technicien supérieur du bâtiment option économie de la construction (AFPA), la licence professionnelle économie de la construction (Université Gustave Eiffel, CNAM) et des formations à distance dispensées par ESCT ou Hupso. Ces parcours intègrent désormais le BIM, la gestion environnementale et la maquette numérique, autant de compétences devenues incontournables.
Pour ceux déjà en poste, la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) permet d’obtenir une reconnaissance officielle sans repartir de zéro. Certains commencent par un MOOC UNTEC, librement accessible, pour cerner le métier avant de s’engager dans une formation diplômante.
Quelques chiffres illustrent la dynamique du secteur :
- 95 % des stagiaires trouvent un emploi à l’issue d’une formation reconnue.
- Le coût de la formation est généralement amorti en moins de 18 mois.
- Les cursus proposent désormais des stages pratiques, des modules BIM et des certifications environnementales.
Le métier attire des profils variés : jeunes diplômés, techniciens en reconversion, salariés du BTP, demandeurs d’emploi… Les parcours misent sur l’acquisition de compétences transversales, alliant expertise technique, gestion des budgets et vision globale d’une opération de construction.
Zoom sur les diplômes, certifications et compétences incontournables
Pour devenir économiste de la construction, il faut maîtriser les diplômes techniques et les outils numériques. Le parcours classique débute avec le BTS Économie de la construction, se prolonge en licence professionnelle, parfois jusqu’au diplôme d’ingénieur spécialisé. Mais au-delà des diplômes, la pratique du BIM (Building Information Modeling) et des logiciels comme Revit, CostX ou Autocad pèse lourd dans la balance.
Les employeurs, bureaux d’études, entreprises du BTP, ciblent les profils capables d’intégrer les contraintes de la RE2020 et les normes environnementales. La rigueur et la polyvalence s’imposent. Rédiger un CCTP ou un DPGF, estimer les coûts, piloter les budgets, négocier, anticiper les risques : ces compétences se développent lors des stages, projets tutorés et formations complémentaires.
Quelques points déterminants pour les recruteurs :
- La maîtrise du BIM figure parmi les critères de sélection pour 70 % des employeurs.
- Une certification environnementale (RE2020, HQE) représente un avantage concurrentiel.
- L’expérience en gestion de projet et analyse des risques renforce l’employabilité dès l’embauche.
Compétences techniques, mais aussi relationnelles : organisation, analyse, capacité à échanger avec architectes, ingénieurs et maîtres d’ouvrage. L’économiste de la construction se retrouve à la croisée de l’innovation numérique et de la réglementation, moteur de la transformation du secteur.
Carrières, salaires et perspectives d’évolution : ce que réserve l’avenir aux économistes de la construction
Le BTP fait face à une pénurie persistante : 3 000 économistes de la construction manqueront à l’appel en 2025. Ce déficit ouvre un champ d’opportunités pour les jeunes diplômés et les candidats en reconversion. Les principaux débouchés restent stables : bureaux d’études techniques (40 %), grandes entreprises du BTP (35 %), cabinets d’expertise (15 %). L’externalisation gagne aussi du terrain, favorisant l’installation en indépendant.
Les rémunérations suivent cette dynamique : un débutant démarre autour de 30 000 € brut par an. La maîtrise du BIM ou une spécialisation en construction durable permettent de viser 75 000 € en tant que chef de projet, voire davantage dans la peau d’un expert BIM. Ceux qui cumulent expertise technique et réglementaire, ou qui savent piloter des dossiers complexes, voient leur salaire augmenter de 8 000 à 15 000 € par an.
Trois voies principales structurent les parcours d’évolution :
- Le management opérationnel, pour devenir directeur de projet
- Le développement commercial, en tant qu’ingénieur d’affaires
- L’expertise technique (spécialisation BIM, certifications environnementales)
Les dispositifs de financement (CPF, OPCO, Pôle Emploi, aides régionales) accompagnent les envies de mobilité et de spécialisation. Le secteur attend des profils capables d’embrasser à la fois la révolution numérique et les défis écologiques du BTP. Face à la mutation du marché, une certitude s’impose : les économistes de la construction ne sont pas près de disparaître de la liste des talents activement recherchés.


