Trottinette électrique : ce que vous ignorez (peut-être) sur l’assurance obligatoire

Plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent aujourd’hui en France, et les ventes restent stables autour de 600 000 unités par an. Derrière ce succès, un angle mort persiste : une majorité d’utilisateurs roulent sans savoir réellement ce que la loi exige d’eux, ni ce à quoi ils s’exposent en cas de pépin. Les chiffres donnent à réfléchir.

Une obligation légale méconnue, et des sanctions qui surprennent

Depuis le décret du 25 octobre 2019, toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être couverte au minimum par une garantie responsabilité civile. Ce n’est pas une recommandation : rouler sans assurance trottinette électrique constitue un délit, passible d’une amende allant jusqu’à 3 750 €, assortie d’une possible immobilisation ou confiscation de l’engin. Certains confondent avec des amendes plus modestes, mais la réalité légale est bien plus sévère. Les tarifs d’une assruance dédiée démarrent à environ 6 €/mois pour une couverture de base, ce qui relativise l’argument du coût.

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Ce qui surprend davantage : en 2024, 59 % des conducteurs d’EDPM impliqués dans un accident n’étaient pas assurés. En l’absence de contrat, la responsabilité personnelle du conducteur devient illimitée. Autrement dit, les dommages causés à un tiers sont à régler de sa poche.

Des pièges concrets que peu anticipent

Plusieurs idées reçues circulent, et elles peuvent coûter cher. La plus fréquente : croire que débrider sa trottinette pour dépasser les 25 km/h ne change rien à l’assurance. C’est faux. Cette modification entraîne la déchéance des garanties souscrites, en plus d’une amende de 135 €. Un double risque pour un gain de vitesse qui reste interdit sur voie publique.

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Autre point à ne pas négliger depuis janvier 2026 : la directive européenne 2021/2118 impose une couverture RC harmonisée dans l’Union européenne pour les EDPM. Mais l’extension territoriale varie d’un contrat à l’autre. Avant de partir en voyage avec sa trottinette, vérifier les conditions de son contrat évite les mauvaises surprises à l’étranger.

Les chiffres d’accidentalité renforcent l’urgence du sujet : 79 usagers de trottinettes électriques sont décédés en 2025 selon l’ONISR, et les accidents ont bondi de 58 % en l’espace de quelques années. La trottinette n’est plus un gadget urbain anodin.

Choisir sa couverture sans se tromper

Au-delà de la RC obligatoire, plusieurs garanties optionnelles méritent d’être étudiées selon l’usage. La garantie vol, par exemple, représente le premier motif d’indemnisation : pour un engin acheté plus de 500 €, elle peut être décisive. Certains assureurs proposent des formules familiales, couvrant plusieurs utilisateurs d’un même engin, pratiques dans les foyers où la trottinette tourne.

Un détail réglementaire passé inaperçu pour beaucoup : depuis un arrêté de mars 2024, les conducteurs d’EDPM peuvent, dans certains cas, passer au rouge lorsque le feu est équipé d’un panneau M12 (cédez-le-passage cycliste). Ce n’est pas une autorisation générale, mais une nuance utile à connaître pour circuler en règle.

S’informer sur ces règles, c’est aussi éviter les conflits avec son assureur le jour où on en a besoin. Le sujet de la mobilité du quotidien regorge d’informations pratiques du même acabit, souvent ignorées jusqu’au moment où elles deviennent cruciales.

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