En 2000, Renault commercialise une voiture conçue sans compromis pour la route, dérivée d’un prototype de rallye. Contrairement à la logique industrielle habituelle, le moteur prend place en position centrale arrière, balayant les conventions de la citadine compacte et des modèles sportifs accessibles.
Produit à moins de 3000 exemplaires, ce modèle échappe à la standardisation des grandes séries et se distingue par une conception atypique, rarement renouvelée dans l’industrie automobile européenne. L’impact de cette initiative sur le marché des Youngtimers s’observe aujourd’hui encore, à travers la cote et la popularité croissante de ces véhicules d’exception.
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Plan de l'article
Pourquoi la Clio 2 V6 fascine encore les passionnés de youngtimers
La Renault Clio V6 évoque instantanément des souvenirs vibrants à toute une génération d’amateurs de sportives. Sa force, elle la tire d’un lien direct avec la Renault 5 Turbo dont elle assume fièrement la succession, tout en osant regarder du côté de la Ferrari 308 pour l’audace. Renault, par l’intermédiaire de Renault Sport, a joué la carte de la provocation : installer un V6 3.0L au cœur d’une citadine, en position centrale arrière, a bouleversé l’ordre établi du début des années 2000.
La rareté renforce le mythe. Avec 2 822 exemplaires produits entre 2000 et 2005, chaque unité revendique l’originalité d’un projet hors du commun. La Clio V6 n’a jamais eu l’intention de devenir une sportive rationnelle de grande série. Dès son lancement, elle s’adresse à ceux qui cherchent l’exception, le frisson, la singularité.
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Dans le paysage youngtimer, la Clio V6 occupe une place à part. Son ADN puise dans le sport automobile, ce qui force le respect. Les choix techniques radicaux séduisent, les clins d’œil à la compétition réveillent la nostalgie d’une époque où l’audace primait. Posséder une Clio V6 aujourd’hui, c’est intégrer un cercle fermé où la passion prend le dessus sur la raison, où la mécanique s’affiche comme un manifeste de liberté.
Naissance d’une légende : retour sur la genèse d’un projet hors normes
La Renault Clio V6 est le fruit d’une volonté farouche de Renault Sport de casser les codes de l’automobile française à la veille des années 2000. Lorsqu’elle apparaît au Mondial de l’Automobile de Paris en 1998, sous l’impulsion de Louis Schweitzer, elle marque une rupture avec la production conventionnelle de la marque. Ce projet s’inscrit dans la tradition d’innovation du site de Dieppe, fief d’Alpine et laboratoire d’idées pour Renault.
Un nom se détache dans cette aventure : Axel Breun. Ce designer, alors chez TWR (Tom Walkinshaw Racing), orchestre la métamorphose d’une citadine populaire en authentique machine de circuit. La première vague de production se déroule en Suède, dans les ateliers de TWR, avant que l’assemblage ne soit rapatrié à Dieppe, haut lieu de la compétition automobile française. Ce partenariat avec TWR, maison mère de l’écurie Arrows en Formule 1, apporte à la Clio V6 une dimension internationale, puisant dans le savoir-faire britannique en matière de sportives.
La conception s’inscrit dans un moment où la France ambitionne de réinventer l’innovation mécanique. Renault fait confiance à ses ingénieurs et partenaires pour repousser les limites : moteur central arrière, caisse élargie, architecture inédite. La Clio V6 devient un trait d’union entre le patrimoine des sportives françaises et l’objectif de rayonner à l’international, symbolisé par ses premières apparitions à Genève et Paris.
Performances, design et sensations : ce qui distingue vraiment la Clio V6
La Renault Clio V6 tranche net avec les standards de son époque. Ce qui frappe d’abord, c’est ce V6 3.0L, né d’une collaboration PSA-Renault, positionné en central arrière. On est loin de la citadine docile : la phase 1 offre 230 chevaux, la phase 2 grimpe à 255 chevaux grâce à l’expertise de Porsche Engineering sur l’électronique moteur. Résultat : le 0 à 100 km/h abattu en 6,3 secondes, pointe à 237 km/h. La Clio V6 ne cherche pas à imiter les GT, elle impose sa propre signature, brute et sans concession.
Le châssis, élargi à l’extrême, transforme la petite Renault en véritable bête de piste. Les pneus Michelin Pilot Sport assurent une accroche sans faille, mais la répartition des masses exige doigté et vigilance. Chaque virage rappelle que la Clio V6 n’est pas faite pour les demi-mesures : elle récompense les puristes, déroute les conducteurs trop confiants.
Sur le plan esthétique, la Clio V6 ose la rupture. Passages de roues sculptés, prises d’air proéminentes, arrière musclé : elle évoque la Renault 5 Turbo, tout en affirmant sa modernité. L’habitacle, fidèle à la Clio classique, se dote de spécificités : sièges baquets, instrumentation dédiée, ambiance sportive affirmée. Ce cocktail d’héritage, d’innovation et de brutalité mécanique place la Clio V6 hors catégorie, loin de la production standardisée de l’époque.
La Clio 2 V6 sur le marché des collectors : un investissement qui fait rêver
La Renault Clio V6 occupe une place à part sur le marché des véhicules de collection. Trois raisons l’expliquent : sa rareté, son aura, et son potentiel de valorisation. Entre 2000 et 2005, seuls 2 822 exemplaires voient le jour, 1 630 en phase 1 et 1 309 en phase 2. Chaque voiture devient ainsi une pièce convoitée, recherchée lors des ventes aux enchères et dans les garages de passionnés.
La valeur grimpe, portée par la nostalgie des années 2000 et le goût des mécaniques atypiques. La Clio V6, héritière directe de la Renault 5 Turbo, s’impose dans les rassemblements youngtimers et séduit une nouvelle vague de collectionneurs. Les modèles préservés, peu kilométrés, voient leur cote s’envoler. Les connaisseurs le savent : la phase 2, plus aboutie sur le plan technique, attire une attention particulière.
Le phénomène dépasse largement les frontières françaises. En Allemagne, au Royaume-Uni, en Suisse, ces propulsions signées Renault Sport sont recherchées, souvent comparées à des références comme Peugeot GTI, BMW M ou Volkswagen Golf les plus exclusives. Entre rareté, pedigree Renault Sport et caractère sans égal, la Clio V6 s’impose aujourd’hui parmi les modèles clés du segment, bien loin du simple statut de citadine musclée. Pour qui cherche une auto de collection à la fois audacieuse et patrimoniale, la Clio 2 V6 incarne un choix qui ne laisse personne indifférent.
La Clio 2 V6, c’est l’histoire d’une audace industrielle devenue icône : un pari technique, une silhouette inimitable, et l’écho d’une époque où la folie douce s’invitait parfois sur la route. Reste à savoir qui, demain, osera encore défier les habitudes et écrire la suite de cette légende.